De Gratien Gélinas.
«-MARIE-ANGE : Parle… je t'en supplie!
-TIT-COQ : Ce que j'avais à te dire, c'était clair et net… mais depuis que j'ai mis les pieds ici-dedans… Oui… Malgré moi, je pense à ce que ç'aurait pu être beau, cette minute-ci… et à ce que c'est laid… assez laid déjà sans que je parle. Mais s'il y a une justice sur la terre, il faut au moins que tu saches que t'es une saloperie! Une saloperie… pour t'être payé ma pauvre gueule de gogo pendant deux ans en me jurant que tu m'aimais. C'était aussi facile, aussi lâche de me faire gober ça que d'assommer un enfant. Avant toi, pas une âme au monde s'était aperçue que j'étais en vie; alors j'ai tombé dans le piège, le cœur par-dessus la tête, tellement j'étais heureux! T'es une saloperie! Et je regrette de t'avoir fait l'honneur dans le temps de te respecter comme une sainte vierge, au lieu de te prendre comme la première venue! (Sortant l'album de sa vareuse) Je te rapporte ça. Au cas où tu l'aurais oublié avec le reste, c'est l'album de famille que tu m'as donné quand je suis parti… Il y a une semaine encore, j'aurais aimé mieux perdre un œil que de m'en séparer. Seulement je me rends compte aujourd'hui que c'est rien qu'un paquet de cartons communs, sales et usés. Tu le jetteras à la poubelle toi-même! Maintenant, je n'ai plus rien de toi. À part ton maudit souvenir… Mais j'arriverai bien à m'en décrasser le cœur, à force de me rentrer dans la tête que des femmes aussi fidèles que toi, il en traîne à tous les coins de rue! »
Dans cet extrait de Tit-Coq, signé Gratien Gélinas, notre personnage principal rompt finalement avec la femme qu’il aimait, après qu’elle l’eut grandement déçu. Cet extrait se trouve ne plus appartenir à la littérature du terroir tout en étant un précurseur de ce qui va devenir la littérature urbaine et la littérature identitaire. En effet, Tit-coq ne sait plus trop ce qu’il va devenir de même qu’il n’a jamais su d’où il venait vraiment (c’est un bâtard orphelin). Son amour, tout ce à quoi il s’est accroché pendant la guerre s’est trouvé être de la caca, une illusion, de l’hypocrisie. Ces deux thèmes sont souvent traités dans ces types de littérature. Gratien, pour démontrer la rage de notre petit coq de s’être fait floué ainsi utilise un vocabulaire dépréciatif à souhait en étant assez sec et méchant avec Marie-Ange (« Une saloperie… pour t'être payé ma pauvre gueule de gogo pendant deux ans en me jurant que tu m'aimais. »). Ainsi, son couple, ou plutôt le couple qu’il aurait aimé créer a éclaté bien comme il faut. À la fin de cet extrait, nul doute que le coq ne voudra plus rien savoir de Marie-Ange.
De plus, le thème de l’identité est délicatement soulevé dans cet extrait à travers une sorte d’hyperbole métaphorique (« Avant toi, pas une âme au monde s'était aperçue que j'étais en vie; alors j'ai tombé dans le piège, le cœur par-dessus la tête…»). Bien sûr, il éxagère quand il dit que personne ne le voyait exister, bien sûr que si on a le cœur par-dessus la tête, c’est que l’on est un peu mort, mais bon, là n’est pas vraiment la question. Le fait est que Tit-Coq à le cœur brisé et qu’il se retrouve au même point qu’avant sa rencontre avec la jeunette. Seul, sans avenir, sans passé. Sans vie ?
Posons-nous la question et reflexionons en cœur pendant que je ferme le paragraphe.
À croire que je suis bon en français, hein?
"L'expérience et le comportement qualifiés de schyzophréniques représentent une stratégie particulière qu'une personne invente pour supporter une situation insupportable." R.Laing
lundi, mai 03, 2004
Gratien Gélinas :
Un homme, un vrai.
Il était une fois un homme. Cet homme,
qui fut jeune à une époque, vieux à une autre
se prénommait Gratien Gélinas. Aujourd’hui,
il est mort. Je sais, c’est triste. Mais, ce n’est
pas une raison pour que ce roi de l’avant-garde
sombre dans l’oubli qui est l’apanage des
grandes vedettes québécoises du XX° siècle.
Ce Gratien, je l’ai rencontré dans d’autres vies.
À l’époque, je vendais des journaux à 5 cents
dans la rue à Saint-Tite en (Mauricie).
Le 08 décembre 1909, Gratien naissait dans
les choux alors que je me gelais dans le matin
hivernal. Sa jeunesse fut marquée du divorce
(pratique mal vue à l’époque et donc peu
courante et donc mal vue…) de ses parents
et son manque de ressources financières
l’empêcha de s’adonner au théâtre tel qu’il
aurait voulu dans son enfance.
Mais, dès 1928, alors que je tentais de
provoquer le crash boursier de 1929,
lui se lancera dans une carrière semi-professionnelle
dans le théâtre. En 1934, alors que je m’étais
suicidé trois fois, il obtenait son premier rôle
dans le radio-roman Le curé du village et se
faisait remarquer par les gens du milieu artistique de l’époque.
Après quelques années, il créa le personnage
de Fridolin, un adolescent faussement naïf
que je savais inspiré de ma personne (j’avais
alors dix-sept ans). Face au succès, ce
personnage radiophonique sera décliné au théâtre.
La suite était facile à deviner. Après s’être
inspiré de moi pour un de ses personnages,
il lui fallait s’inspirer de lui-même.
C’est ainsi qu’est né Tit-Coq, un bâtard
va-t’en guerre qui connut un succès phénoménal
dès sa sortie en 1948. Il est intéressant de voir
que ce fût la première pièce dramatique québécoise
et il est plus intéressant encore de noter que c’est
moi, alors petite putain de Montréal qui vendait ma
jambe pour pas cher qui lui ai proposé de l’écrire et
par le fait même de devenir un précurseur.
Dans les années 50 à 70, Gratien n’accouche
que de deux pièces (Bousille et les justes en
1956 suivie en 1966 de Hier, les enfants dansaient.),
mais quelles pièces ! À l’époque, j’étais critique
au théâtre, et il était clair que Gratien allait marquer
la face culturelle du Québec.
En 1986, alors que je venait de renaître
sous la forme d’un français, Gratien revenait
au théâtre pour montrer à tout le monde qu’il
savait encore tenir un crayon. Cela a donné
La Passion de Narcisse Mondoux qui eut encore
une fois un grand succès et qui sera joué jusqu’en 1993.
Le 16 mars 1999, deux mois tout rond
avant que je n’emménage au Québec,
mon brave Gratien est mort. Comme ça. Paf.
Je n’ai même pas pu le rencontrer dans cette
nouvelle vie, si ce n’est a travers ses pièces,
toutes plus proches de la réalité québécoise les unes que les autres.
Bibliographie (plus ou moins exhaustive):
-Les Fridolinades, 1938
-Tit-Coq, 1948
-Bousille et les justes, 1956
-Hier, les enfants dansaient, 1966
-La Passion de Narcisse Mondoux, 1986
Médiagraphie :
-GÉLINAS Gratien-Répertoire des membres du CEAD :
http://www.cead.qc.ca/repw3/gelinasgratien.htm
-Prenez Place ! Gratien Gélinas : http://www.collectionscanada.ca/05/0519_f.html
-Gratien Gélinas :
http://www.denise-pelletier.qc.ca/fiches/auteurs/gelinas.html
Il était une fois un homme. Cet homme,
qui fut jeune à une époque, vieux à une autre
se prénommait Gratien Gélinas. Aujourd’hui,
il est mort. Je sais, c’est triste. Mais, ce n’est
pas une raison pour que ce roi de l’avant-garde
sombre dans l’oubli qui est l’apanage des
grandes vedettes québécoises du XX° siècle.
Ce Gratien, je l’ai rencontré dans d’autres vies.
À l’époque, je vendais des journaux à 5 cents
dans la rue à Saint-Tite en (Mauricie).
Le 08 décembre 1909, Gratien naissait dans
les choux alors que je me gelais dans le matin
hivernal. Sa jeunesse fut marquée du divorce
(pratique mal vue à l’époque et donc peu
courante et donc mal vue…) de ses parents
et son manque de ressources financières
l’empêcha de s’adonner au théâtre tel qu’il
aurait voulu dans son enfance.
Mais, dès 1928, alors que je tentais de
provoquer le crash boursier de 1929,
lui se lancera dans une carrière semi-professionnelle
dans le théâtre. En 1934, alors que je m’étais
suicidé trois fois, il obtenait son premier rôle
dans le radio-roman Le curé du village et se
faisait remarquer par les gens du milieu artistique de l’époque.
Après quelques années, il créa le personnage
de Fridolin, un adolescent faussement naïf
que je savais inspiré de ma personne (j’avais
alors dix-sept ans). Face au succès, ce
personnage radiophonique sera décliné au théâtre.
La suite était facile à deviner. Après s’être
inspiré de moi pour un de ses personnages,
il lui fallait s’inspirer de lui-même.
C’est ainsi qu’est né Tit-Coq, un bâtard
va-t’en guerre qui connut un succès phénoménal
dès sa sortie en 1948. Il est intéressant de voir
que ce fût la première pièce dramatique québécoise
et il est plus intéressant encore de noter que c’est
moi, alors petite putain de Montréal qui vendait ma
jambe pour pas cher qui lui ai proposé de l’écrire et
par le fait même de devenir un précurseur.
Dans les années 50 à 70, Gratien n’accouche
que de deux pièces (Bousille et les justes en
1956 suivie en 1966 de Hier, les enfants dansaient.),
mais quelles pièces ! À l’époque, j’étais critique
au théâtre, et il était clair que Gratien allait marquer
la face culturelle du Québec.
En 1986, alors que je venait de renaître
sous la forme d’un français, Gratien revenait
au théâtre pour montrer à tout le monde qu’il
savait encore tenir un crayon. Cela a donné
La Passion de Narcisse Mondoux qui eut encore
une fois un grand succès et qui sera joué jusqu’en 1993.
Le 16 mars 1999, deux mois tout rond
avant que je n’emménage au Québec,
mon brave Gratien est mort. Comme ça. Paf.
Je n’ai même pas pu le rencontrer dans cette
nouvelle vie, si ce n’est a travers ses pièces,
toutes plus proches de la réalité québécoise les unes que les autres.
Bibliographie (plus ou moins exhaustive):
-Les Fridolinades, 1938
-Tit-Coq, 1948
-Bousille et les justes, 1956
-Hier, les enfants dansaient, 1966
-La Passion de Narcisse Mondoux, 1986
Médiagraphie :
-GÉLINAS Gratien-Répertoire des membres du CEAD :
http://www.cead.qc.ca/repw3/gelinasgratien.htm
-Prenez Place ! Gratien Gélinas : http://www.collectionscanada.ca/05/0519_f.html
-Gratien Gélinas :
http://www.denise-pelletier.qc.ca/fiches/auteurs/gelinas.html
«Ma première démarche artistique»
ou : « comment se faire passer pour un artiste de l’art alors qu’en fait, non, pas du tout ».
Dans le monde de l’art, la forme
et le fond ont tendance à empiéter l’un sur
l’autre. Souvent, un artiste va préférer se
concentrer sur la forme de son projet,
sur la manière dont les couleurs sont agencées,
plutôt que sur le fond, sur le concept qui donne
une profondeur, une puissance autre que visuelle
au projet, qui fait réfléchir. Parfois, c’est l’inverse
qu’il se produit. De mon point de vue, le fond
est primordial, comme on a pu le remarquer
dans plusieurs de mes précédents projets
(« Vies 1/Vies 2 » ).
Ici, j’ai voulu partir avec une démarche
inverse, à savoir oublier totalement le fond
pour me laisser porter plus sur les extravagances
des formes et des couleurs, rapprochant dans
mon travail les courants opposés, mais similaires
sur certains points, que sont l’expressionnisme
abstrait (symbolisé par des gens comme Pollock)
et l’abstraction géométrique (Ellsworth Kelly en tête).
Le seul concept qui se retrouve dans
mon travail est cette tentative de fusionner le
meilleur de ces deux courants pour former une
série où le fond est dépassé par la simplicité
expressionniste de la forme.
On y croit presque, hein?
Bientôt, je vais vendre ma première toile (ou pas).
Dans le monde de l’art, la forme
et le fond ont tendance à empiéter l’un sur
l’autre. Souvent, un artiste va préférer se
concentrer sur la forme de son projet,
sur la manière dont les couleurs sont agencées,
plutôt que sur le fond, sur le concept qui donne
une profondeur, une puissance autre que visuelle
au projet, qui fait réfléchir. Parfois, c’est l’inverse
qu’il se produit. De mon point de vue, le fond
est primordial, comme on a pu le remarquer
dans plusieurs de mes précédents projets
(« Vies 1/Vies 2 » ).
Ici, j’ai voulu partir avec une démarche
inverse, à savoir oublier totalement le fond
pour me laisser porter plus sur les extravagances
des formes et des couleurs, rapprochant dans
mon travail les courants opposés, mais similaires
sur certains points, que sont l’expressionnisme
abstrait (symbolisé par des gens comme Pollock)
et l’abstraction géométrique (Ellsworth Kelly en tête).
Le seul concept qui se retrouve dans
mon travail est cette tentative de fusionner le
meilleur de ces deux courants pour former une
série où le fond est dépassé par la simplicité
expressionniste de la forme.
On y croit presque, hein?
Bientôt, je vais vendre ma première toile (ou pas).
jeudi, avril 22, 2004
“Octobre” : Un film ; une chanson (qui n’ont rien à voir).
Oui, ce message ne contient pas le terme "New York", mais on s'en fout.
“Le vent fera craquer les branches, la brume viendra dans
sa robe blanche. Il y aura des feuilles partout, couchées sur
les cailloux, Octobre tiendra sa revanche...” Francis Cabrel, Octobre.
Cette journée d’avril avait bizarrement commencé.
Le soleil brillait comme jamais et un vent frais apaisait la nature
folle de retrouver un printemps tant attendu, suite logique d’un
hiver infernal ayant couvert le pays depuis trop longtemps.
C’était dans ce matin doux que la stridente sonnerie de mon réveil
alerta mon moi endormi dans les draps froids et caféinés que je
n’eu pas le temps ni l’argent d’emmener nettoyer au pressing du
coin après l’incident du café, survenu il y a déja quelques temps.
Je préfère passer le reste de la matinée sous silence, n’assumant
pas encore complétement les actes que j’y ai posé. Peut-être que
dans quelques années, après plusieurs séances chez le thérapeute
je serais capabe d’aborder cette facette de moi, mais pas ici ; pas maintenant.
Ainsi, en début d’après-midi, je tombais nez-à-bobine avec
le film nostalgique “Octobre”, de Pierre Falardeau, datant de 1994.
Ne sachant trop quoi faire de ce temps-mort entre mes cours et
mon travail, je me passais le film, sans oublier bien entendu de
m’endormir vers la scène la plus violente du film
(celle où il y a du sang, des cris et tout. Berk).
Pierre Falardeau, dans ce “fait-vécu”, nous raconte la semaine
la plus marquante du mois d’octobre 1970, celle où une cellule du FLQ
(la cellule Chénier), composée des frères Rose, de Francis Simard et
puis d’un inconnu (qui ne l’était pas à l’époque, mais qui l’est devenu
contre son gré) du nom de Bernard Lortie a décidé d’appuyer la cellule
Libération dans sa vague d’enlévement en kidnappant le député
Pierre Laporte le 10 octobre1970 . Cet enlevenement, suivi de tout plein
de satanés trucs et de coups de pas de bol, conduira à la mort de ce pauvre Pierre.
Une mort, c’est toujours triste. Une minute de silence est demandée, s’il-vous-plait.
“Enfin, me semblait-il, l’histoire est connue, elle est entrée
dans la culture populaire, la culture populiste, est-il besoin d’en faire un film?”
Effectivement, Falardeau se devait de le faire. Que ce soit pour rendre
public le livre de Simard, racontant sa version des faits ou que ce soit
pour appréhender la mort de Laporte selon le point de vue de ses
ravisseurs, Falardeau devait trouver un moyen d’assimiller enfin le choc
qu’il eut en entendant dans un taxi, le 17 octobre 1970, que le FLQ était
meurtrier. Un choc qui eut pour effet, cummulé à probablement bien
d’autres chocs culturels, d’orienter sa carrière anthropologique
(à l’époque, il étudiait cette matière) vers le cinéma.
L’histoire, vue par une personne extérieure à cette culture felquiste
et souverainiste est intéressante dans la mesure où elle tend à vouloir
êre un apéritif. On sent, en voyant le film, qu’il regorge de clins d’œil,
et qu’il demande au spectateur une réflexion sur l’avant et sur l’après
“octobre 70”. Il pose des questions au spectateur, lui demande d’avoir
un avis sur la question, car on sent (et c’est normal) que ce film est de
parti pris (il raconte l’histoire selon un point de vue felquiste).
L’on peut alors se demander comment les gouvernements ont
appréhendé la nouvelle des évènements, quelles furents leurs
réactions, quelles furent les options.
S’il fallait pointer un défaut de ce film, ce serait cela. Son unilatéralisme latent.
Mais, comment faire autrement? La seule personne qui a voulu en parler
ouvertement depuis 24 ans est Francis Simard, à travers son livre "Pour en finir avec Octobre".
J’ai lu, de-ci, de-là, que Falardeau avait voulu rendre ces
figures historiques que sont devenus les frères Roses et leurs
acolytes, plus humains, moins iconiques, que ce soit à travers
l’évolution du stress ou encore le manque d’organistion flagrant.
Et bien, c’est réussi.
Même en connaissant l’issue de l’histoire, le spectateur se sent
vivre la crise, se sent felquiste, se sent mal face au non-choix de
tuer Laporte. L’accent est tellement mis sur les personnes dans
ce film que l’on en vient à en éprouver de la sympathie à leur égard,
tout en sachant pertinemment ce qu’ils ont fait. Peut-on leur en vouloir?
Ont-ils eu le choix où furent-ils dépassés par les évènements?
Qui ne l’aurait pas été? Falardeau nous démontre le courage qu’il
leur a fallu dans leurs actes, les rabaissant à notre niveau de simple
personne avant de les remettre sur leur pied d’estal à la fin du film
en nous rappelant leurs mots au tribunal : “Pas Coupables. Responsables.”
Cette simple phrase démontre bien la confiance qui était au fond d’eux.
La confiance qu’ils avaient en leurs ideaux, et en la valeur de leurs actes.
Ils ont faits ce qu’ils avaient a faire. Ils ont géré leur crise de manière responsable.
Même si cela devait signer la fin du FLQ, même si cela devait démolir
le début de prise de consience du peuple québécois de sa léthargie,
ils semblaient persuadés que grace à ces simples mots, le futur
allait s’annoncer plus francophone, plus libre.
Ont-ils eu torts?
Leurs mots ont-ils eu un impact sur ne serait-ce qu’une partie de la population ?
Très certainement, et Falardeau le sait. Ainsi, fatalement,
en placant cette phrase avant le générique, il s’assure de garder l’image
d’un groupe soudé et voulant amener le Québec dans de plus hautes
sphères que le peuple s’est forgé du FLQ et de ses membres les plus exposés.
L’image du FLQ fut détruite quand l’on appris la mort de Laporte.
Falardeau ne pouvait se permettre de la redétruire une seconde fois,
au risque de se mettre une bonne partie de la population qu’il aime défendre à dos.
En effet, encore aujourd’hui le FLQ a des partisants rétro-actifs. Je le sais, j’en connais.
“Le vent fera craquer les branches, la brume viendra dans
sa robe blanche. Il y aura des feuilles partout, couchées sur
les cailloux, Octobre tiendra sa revanche...” Francis Cabrel, Octobre.
Cette journée d’avril avait bizarrement commencé.
Le soleil brillait comme jamais et un vent frais apaisait la nature
folle de retrouver un printemps tant attendu, suite logique d’un
hiver infernal ayant couvert le pays depuis trop longtemps.
C’était dans ce matin doux que la stridente sonnerie de mon réveil
alerta mon moi endormi dans les draps froids et caféinés que je
n’eu pas le temps ni l’argent d’emmener nettoyer au pressing du
coin après l’incident du café, survenu il y a déja quelques temps.
Je préfère passer le reste de la matinée sous silence, n’assumant
pas encore complétement les actes que j’y ai posé. Peut-être que
dans quelques années, après plusieurs séances chez le thérapeute
je serais capabe d’aborder cette facette de moi, mais pas ici ; pas maintenant.
Ainsi, en début d’après-midi, je tombais nez-à-bobine avec
le film nostalgique “Octobre”, de Pierre Falardeau, datant de 1994.
Ne sachant trop quoi faire de ce temps-mort entre mes cours et
mon travail, je me passais le film, sans oublier bien entendu de
m’endormir vers la scène la plus violente du film
(celle où il y a du sang, des cris et tout. Berk).
Pierre Falardeau, dans ce “fait-vécu”, nous raconte la semaine
la plus marquante du mois d’octobre 1970, celle où une cellule du FLQ
(la cellule Chénier), composée des frères Rose, de Francis Simard et
puis d’un inconnu (qui ne l’était pas à l’époque, mais qui l’est devenu
contre son gré) du nom de Bernard Lortie a décidé d’appuyer la cellule
Libération dans sa vague d’enlévement en kidnappant le député
Pierre Laporte le 10 octobre1970 . Cet enlevenement, suivi de tout plein
de satanés trucs et de coups de pas de bol, conduira à la mort de ce pauvre Pierre.
Une mort, c’est toujours triste. Une minute de silence est demandée, s’il-vous-plait.
“Enfin, me semblait-il, l’histoire est connue, elle est entrée
dans la culture populaire, la culture populiste, est-il besoin d’en faire un film?”
Effectivement, Falardeau se devait de le faire. Que ce soit pour rendre
public le livre de Simard, racontant sa version des faits ou que ce soit
pour appréhender la mort de Laporte selon le point de vue de ses
ravisseurs, Falardeau devait trouver un moyen d’assimiller enfin le choc
qu’il eut en entendant dans un taxi, le 17 octobre 1970, que le FLQ était
meurtrier. Un choc qui eut pour effet, cummulé à probablement bien
d’autres chocs culturels, d’orienter sa carrière anthropologique
(à l’époque, il étudiait cette matière) vers le cinéma.
L’histoire, vue par une personne extérieure à cette culture felquiste
et souverainiste est intéressante dans la mesure où elle tend à vouloir
êre un apéritif. On sent, en voyant le film, qu’il regorge de clins d’œil,
et qu’il demande au spectateur une réflexion sur l’avant et sur l’après
“octobre 70”. Il pose des questions au spectateur, lui demande d’avoir
un avis sur la question, car on sent (et c’est normal) que ce film est de
parti pris (il raconte l’histoire selon un point de vue felquiste).
L’on peut alors se demander comment les gouvernements ont
appréhendé la nouvelle des évènements, quelles furents leurs
réactions, quelles furent les options.
S’il fallait pointer un défaut de ce film, ce serait cela. Son unilatéralisme latent.
Mais, comment faire autrement? La seule personne qui a voulu en parler
ouvertement depuis 24 ans est Francis Simard, à travers son livre "Pour en finir avec Octobre".
J’ai lu, de-ci, de-là, que Falardeau avait voulu rendre ces
figures historiques que sont devenus les frères Roses et leurs
acolytes, plus humains, moins iconiques, que ce soit à travers
l’évolution du stress ou encore le manque d’organistion flagrant.
Et bien, c’est réussi.
Même en connaissant l’issue de l’histoire, le spectateur se sent
vivre la crise, se sent felquiste, se sent mal face au non-choix de
tuer Laporte. L’accent est tellement mis sur les personnes dans
ce film que l’on en vient à en éprouver de la sympathie à leur égard,
tout en sachant pertinemment ce qu’ils ont fait. Peut-on leur en vouloir?
Ont-ils eu le choix où furent-ils dépassés par les évènements?
Qui ne l’aurait pas été? Falardeau nous démontre le courage qu’il
leur a fallu dans leurs actes, les rabaissant à notre niveau de simple
personne avant de les remettre sur leur pied d’estal à la fin du film
en nous rappelant leurs mots au tribunal : “Pas Coupables. Responsables.”
Cette simple phrase démontre bien la confiance qui était au fond d’eux.
La confiance qu’ils avaient en leurs ideaux, et en la valeur de leurs actes.
Ils ont faits ce qu’ils avaient a faire. Ils ont géré leur crise de manière responsable.
Même si cela devait signer la fin du FLQ, même si cela devait démolir
le début de prise de consience du peuple québécois de sa léthargie,
ils semblaient persuadés que grace à ces simples mots, le futur
allait s’annoncer plus francophone, plus libre.
Ont-ils eu torts?
Leurs mots ont-ils eu un impact sur ne serait-ce qu’une partie de la population ?
Très certainement, et Falardeau le sait. Ainsi, fatalement,
en placant cette phrase avant le générique, il s’assure de garder l’image
d’un groupe soudé et voulant amener le Québec dans de plus hautes
sphères que le peuple s’est forgé du FLQ et de ses membres les plus exposés.
L’image du FLQ fut détruite quand l’on appris la mort de Laporte.
Falardeau ne pouvait se permettre de la redétruire une seconde fois,
au risque de se mettre une bonne partie de la population qu’il aime défendre à dos.
En effet, encore aujourd’hui le FLQ a des partisants rétro-actifs. Je le sais, j’en connais.
jeudi, avril 01, 2004
Hier soir, j'ai découché...
Ma soirée fut loin d'être à chier...
Bon, où j'en suis dans mon sale blog de merde?
Oulala, mais il maque plein de semaines dans ce blog.
Bon, lundi avant lundi dernier, j'ai du donner mon chat
parce que l'on ne pouvait pas le garder. C'est triste,
mais bon, j'éspere qu'il est heureux où il est et qu'ils
ne l'ont pas castré ou dégriffé, ces gros cons voleurs
de chats mignons. Maintenant, je ne peux que regarder
les photos que l'on a pris en pleurant de triste tristesse.
Niveau bouquins, je me suis cassé le cul à lire l'horrible
"Jonathan L., Le Goéland", que je ne conseille
décidement à personne et que l'on ne me dise
pas que ce truc n'est pas moraliste, c'est une
vraie horreur condensée en une centaine de pages.
Ça m'a fait pensé à "La Prophetie des Andes", tiens.
****************Jeu de mots :****************
"La Prophetie des Andouilles" au lieu de : "La Prophetie des Andes"
******************ha!ha!ha!*****************
J'ai pu comemcer "Cosmicomics", d'Italo Calvino,
livre qui se trouve être un recueil de nouvelles de
science-fiction ayant pour fil rouge un personnage,
notre narrateur, qui nous conte ses aventures de
jeunesse et de vieillesse, dans une ambiance
"coin du feu" et une deconstruction temporelle
entre les nouvelles qui premet de les lire séparéments s
ans se sentir perdu.
Rien que pour les dernières phrases, ce bouquin vaut son prix.
Et puis, il y a "Le Vrai Monde ?", une pièce de théatre
de Michel Tremblay, auteur québécois mais exceptionnel.
L'histoire d'un jeune lors de la fin des années 60 qui reve
de devenir auteur littéraire, du conflit des générations et
du mal-être qu'il ressent dans sa famille.
Une pièce très intimiste, se rapprochant sur bien des points
de l'autobiographie, mais si profonde, si intime qu'elle parvient
à faire passer le lecteur de la plus petite particule d'individualité
aux concepts généraux et universels dans lesquels n'importe
quel humain peut se reconnaitre avec une facilité jouissive.
Des personnages bien trouvés et des dialogues parfois si mordants,
si incisifs, si choquants, des sous-entendus si pésant, des silences
si salvateurs et coupables à la fois qu'ils nous font pardonner à Michel
le fait que parfois la pièce se perd en longueurs.
Attention cependant, si vous souffrez d'un complexe d'Oedipe
ou bien d'Elektre, cette pièce vous touchera probablement bien
plus intensément, et elle peut même vous faire pleurer tant
la mise en scène créée une ambiance lourde de non-dits et autres.
Une trouvaille intéressante et bien utilisée est le fait que lors de
la pièce, on voit l'histoire et l'histoire telle que le personnage de
l'auteur l'a ressentie et écrite dans sa pièce en même temps.
Ainsi, l'on se retrouve avec des sauts d'un univers fictif à l'autre,
l'un influencant l'autre, pervertissant notre vision de l'autre.
Ce procédé n'est pas sans rappeller la pièce
"Six Personnages en quete d'auteur" de Pirandello, mais le
traitement est différent et peut être un peu plus optimiste.
Sinon, j'ai remis un projet de sculpture avec 7 jours de retard,
ce qui fait que, perdant 10% par jours ouvrables de retard
(c'est à dire que les fins de semaines de compte pas et d'autres
jours aussi) , ja'i 40% de ma note qui va partir en points de retards.
Ainsi, si j'ai 75% pour ce projet, ça me donnera 35% en réalité.
Ouch.
Oh, et puis, j'ai fait une nuit blanche deux ans, jours pour jours,
après avoir passé une nuit blanche à Valleyfield à papoter avec
une fille de rêve. C'était dans la nuit de samedi 28 à dimanche 29.
Et j'ai failli en refaire une hier avec une fille.
Moi. Et une fille. Dans une chambre. Dans un lit.
Enfin.
J'ai passé la nuit d'hier à faire des mamours à une fille
qui m'avait pris mon aimant et qui ne voulait pas me le rendre.
Oui, en fait, nous nous sommes endormis vers 04h du matin,
après s'être longement tripoté dans tous les sens.
Et finalement, elle ne m'a même pas rendu l'aimant.
Bon, ce sera un pretexte à d'autres mamours, je pense.
Sinon, niveau musique, j'ai recemment decouvert
"The Brian Jonestown Massacre", un groupe pop qui semble
être britannique et fan de Bowie
(que je vais peut-être aller voir en concert dimanche 4 avril,
avec la fille avec qui j'ai passé une nuit blanche, il y a deux ans).
Ça peut ressembler à du Blur ou autres Oasis. C'est pas mal et
peu connu au québec.
J'ai aussi decouvert "GRATKIPOLS" (en surfant sur le site web de Celestin),
un groupe genre de musette bizzare, très intrigant et pas prise de tête.
Ça peut ressembler aux Kidneys Beans, mais c'est pas comme si
il y avait beaucoup de fans des KB qui lisaient mon blog.
C'est tout de même plus calme, très accordéonné, comme
les Ogres de Barback, par exemple, pour avoir une
comparaison moins foireuse.
Beaucoup de reprises, beaucoup de bonnes chansons.
Hum, et bien je crois que c'est tout, les amis.
PS : J'avais un "ps", mais je ne sais plus où il est parti.
Ça devait tournait autour d'un jeu de mots où d'une photo.
Bon, où j'en suis dans mon sale blog de merde?
Oulala, mais il maque plein de semaines dans ce blog.
Bon, lundi avant lundi dernier, j'ai du donner mon chat
parce que l'on ne pouvait pas le garder. C'est triste,
mais bon, j'éspere qu'il est heureux où il est et qu'ils
ne l'ont pas castré ou dégriffé, ces gros cons voleurs
de chats mignons. Maintenant, je ne peux que regarder
les photos que l'on a pris en pleurant de triste tristesse.
Niveau bouquins, je me suis cassé le cul à lire l'horrible
"Jonathan L., Le Goéland", que je ne conseille
décidement à personne et que l'on ne me dise
pas que ce truc n'est pas moraliste, c'est une
vraie horreur condensée en une centaine de pages.
Ça m'a fait pensé à "La Prophetie des Andes", tiens.
****************Jeu de mots :****************
"La Prophetie des Andouilles" au lieu de : "La Prophetie des Andes"
******************ha!ha!ha!*****************
J'ai pu comemcer "Cosmicomics", d'Italo Calvino,
livre qui se trouve être un recueil de nouvelles de
science-fiction ayant pour fil rouge un personnage,
notre narrateur, qui nous conte ses aventures de
jeunesse et de vieillesse, dans une ambiance
"coin du feu" et une deconstruction temporelle
entre les nouvelles qui premet de les lire séparéments s
ans se sentir perdu.
Rien que pour les dernières phrases, ce bouquin vaut son prix.
Et puis, il y a "Le Vrai Monde ?", une pièce de théatre
de Michel Tremblay, auteur québécois mais exceptionnel.
L'histoire d'un jeune lors de la fin des années 60 qui reve
de devenir auteur littéraire, du conflit des générations et
du mal-être qu'il ressent dans sa famille.
Une pièce très intimiste, se rapprochant sur bien des points
de l'autobiographie, mais si profonde, si intime qu'elle parvient
à faire passer le lecteur de la plus petite particule d'individualité
aux concepts généraux et universels dans lesquels n'importe
quel humain peut se reconnaitre avec une facilité jouissive.
Des personnages bien trouvés et des dialogues parfois si mordants,
si incisifs, si choquants, des sous-entendus si pésant, des silences
si salvateurs et coupables à la fois qu'ils nous font pardonner à Michel
le fait que parfois la pièce se perd en longueurs.
Attention cependant, si vous souffrez d'un complexe d'Oedipe
ou bien d'Elektre, cette pièce vous touchera probablement bien
plus intensément, et elle peut même vous faire pleurer tant
la mise en scène créée une ambiance lourde de non-dits et autres.
Une trouvaille intéressante et bien utilisée est le fait que lors de
la pièce, on voit l'histoire et l'histoire telle que le personnage de
l'auteur l'a ressentie et écrite dans sa pièce en même temps.
Ainsi, l'on se retrouve avec des sauts d'un univers fictif à l'autre,
l'un influencant l'autre, pervertissant notre vision de l'autre.
Ce procédé n'est pas sans rappeller la pièce
"Six Personnages en quete d'auteur" de Pirandello, mais le
traitement est différent et peut être un peu plus optimiste.
Sinon, j'ai remis un projet de sculpture avec 7 jours de retard,
ce qui fait que, perdant 10% par jours ouvrables de retard
(c'est à dire que les fins de semaines de compte pas et d'autres
jours aussi) , ja'i 40% de ma note qui va partir en points de retards.
Ainsi, si j'ai 75% pour ce projet, ça me donnera 35% en réalité.
Ouch.
Oh, et puis, j'ai fait une nuit blanche deux ans, jours pour jours,
après avoir passé une nuit blanche à Valleyfield à papoter avec
une fille de rêve. C'était dans la nuit de samedi 28 à dimanche 29.
Et j'ai failli en refaire une hier avec une fille.
Moi. Et une fille. Dans une chambre. Dans un lit.
Enfin.
J'ai passé la nuit d'hier à faire des mamours à une fille
qui m'avait pris mon aimant et qui ne voulait pas me le rendre.
Oui, en fait, nous nous sommes endormis vers 04h du matin,
après s'être longement tripoté dans tous les sens.
Et finalement, elle ne m'a même pas rendu l'aimant.
Bon, ce sera un pretexte à d'autres mamours, je pense.
Sinon, niveau musique, j'ai recemment decouvert
"The Brian Jonestown Massacre", un groupe pop qui semble
être britannique et fan de Bowie
(que je vais peut-être aller voir en concert dimanche 4 avril,
avec la fille avec qui j'ai passé une nuit blanche, il y a deux ans).
Ça peut ressembler à du Blur ou autres Oasis. C'est pas mal et
peu connu au québec.
J'ai aussi decouvert "GRATKIPOLS" (en surfant sur le site web de Celestin),
un groupe genre de musette bizzare, très intrigant et pas prise de tête.
Ça peut ressembler aux Kidneys Beans, mais c'est pas comme si
il y avait beaucoup de fans des KB qui lisaient mon blog.
C'est tout de même plus calme, très accordéonné, comme
les Ogres de Barback, par exemple, pour avoir une
comparaison moins foireuse.
Beaucoup de reprises, beaucoup de bonnes chansons.
Hum, et bien je crois que c'est tout, les amis.
PS : J'avais un "ps", mais je ne sais plus où il est parti.
Ça devait tournait autour d'un jeu de mots où d'une photo.
Inscription à :
Articles (Atom)